Demain, c'est après aujourd'hui

Demain, j'irais chercher un chapeau noir, une flûte d'or et un brin d'espoir
Dans sept jours, j'aurais une année de plus et je soufflerais sur les flammes des bougies
Le feu s'éteindra, la fumée s'évanouira et la cire se figera: envoutante patisserie

Cuire un oeuf à 69° pendant douze minutes et y tremper deux délicieuses mouillettes croustillantes
Mes gestes se ralentirons, et doucement je respirerais le parfum des fleurs épanouies
Je carresserais la peau des feuilles, lentement, calmement avec une tendresse infinie

Le bleu du ciel se mélange aux reflets des nuages
Les vagues glissent sur les lacs qui bordent les montagnes
L'amour souffle son murmure loin depuis les profondeurs de l'oubli

Le gazouillis des oiseaux raisonnent, les voiles frémissent et le bruissement de l'eau s'envole
Paix sur la terre, entre les hommes et les femmes qui s'aiment et parmis les enfants qui jouent
Paix dans les ténèbres, paix au coeur des tempêtes, paix au sein des coeurs qui s'étreignent

La lumière dans les yeux des femmes brillent d'ardents désirs
Qu'elle laisse la place aux sourires, aux rires et à la joie
Que les larmes sèchent avec le vent et que les ressentiments disparaissent avec le temps

Les souvenirs tremblent dans nos mémoires et dans nos livres l'encre couchée trouble le papier
La vie se renouvelle encore et toujours comme le soleil dévoile ses rayons à l'aurore
J'entend les loups qui hurlent sous la lune et se rassemblent dans la nuit

J'entend aussi les oiseaux qui piaillent et se bécotent sur les branches des arbres
Les perles de roses rebondissent sur les pavés des rues des villes
La brume au matin recouvre les toîts jusqu'au cîmes des clochers

Les cris des enfants retentissent dans les préaux des écoles
Les échos se répondent et s'entrechoquent comme des bulles de champagne
Les bonheurs de la jeunesse ressurgissent et remplissent les cours des nouvelles générations

Le sang est passé sur cette terre depuis plus de mille ans
Les diamants brillent toujours du même éclat
Pas à pas des mains éternelles font tourner les têtes, les balles et les globes célestes

Le feu sacré s'embrase au dessus de l'eau comme un adieu aux tourments des temps passés
Le silence s'estompe dans ces nuances d'estampes et d'aquarelles accrochées au murs
L'acier des lames s'est dissout dans quelques gouttes marbrées d'acide bleuté

Les ombres chinoises s'entrelassent et brisent les mirroirs teintés
Il ne fait jamais nuit partout et le jour revient toujours quelquepart
Tous les jours, la lumière repeint le ciel d'azur et de transparence

Demain est un autre jour, mais demain attendra chacune des secondes d'aujourd'hui
Chaque jour de nouvelles pierres se rassemblent et d'autres prières se prononcent
Du sable coloré coule dans les rivières et des drapeaux flottent au dessus des neiges éternelles

Des statues prennent racines dans les sillons tracés sur des lopins attendris
La vie, le sang et les coeurs de nos ancêtres rebattent dans les parôles des maîtres
La mort, la cendre et la poussière éffacent leurs traces et guident nos pas sur cette terre

La sueur des artistes transpire encore dans les oeuvres d'art des musés
Les horizons s'élargissent toujours devant les yeux ouverts des aventuriers
Le fruit du labeur des paysans reprennent inlassablement la fatigue des saisons

Des millions de pleurs racontent encore ces histoires que l'on se rappèle
Des millions d'histoires se racontent pour redécouvrir le sens de nos vies
Des millions de pièces s'échangent pour s'approprier la valeur de ces objets

Un enfant écoute de douces parôles, un chemin se trace comme exemple
Une joie se déssine le temps d'un soupir, un joyau traverse l'espace
Un amour perpétuel s'émeut, l'infinie se mesure avec des rêves...